Auteure: Hu Xian (胡宪)
Lien vers l'article original dans la langue chinoise.

Traduction en français: Karen Yu
Monsieur Po Shin Lau présente les récentes sculptures bas-relief à l’auteure à Montréal

En 2015, l’auteure a rendu deux visites à l’artiste chinois québécois, Monsieur Po Shin Lau, et a beaucoup appris de ses oreilles et de ses yeux. Cependant, cette troisième entrevue ne peut être réalisée que via la plateforme vidéo WeChat en raison de la situation épidémique grave, ainsi limitée, entrainant un sentiment de regret.

La motivation de cet entretien est d’avoir appris que le premier lot de dons offert par Po Shin Lau au musée Yuyao de sa ville natale a passé la douane canadienne et navigue maintenant sur un bateau en direction de la Chine.

Monsieur Lau a déclaré: « C’est enfin fait! J’ai quitté la Chine pendant près de 60 ans, et je ne me souviens plus de beaucoup de choses là-bas, mais les montagnes et les rivières de ma ville d’origine de Yuyao sont toujours gravées dans mon esprit, encore plus profondes et claires que ma ville natale, Shanghai. »

Dans une entrevue rédigée par l’auteure en 2015, il a été mentionné qu’en 1979, Po Shin Lau, qui venait de terminer ses études en France, s’était envolé directement de Paris à Pékin avec le rêve de servir le pays, mais par temps de malchance, s’est heurté à un mur. Un rêve qui s’est échoué.

Des décennies se sont écoulées, professeur Lau pense finalement que pouvoir redonner à sa ville d’origine n’est qu’un rêve fou. Mais il ne s’attendait pas à avoir une chance de pouvoir rencontrer un compatriote dans un pays étranger. Lors d’une exposition de peinture à Montréal, professeur Lau a rencontré le peintre Monsieur Lihua Zhou (周黎华) et a été très heureux d’apprendre que le peintre Zhou était également de Yuyao et un élève du fils de Keran Li (李可染), Xiaoke Li (李小可). Après avoir écouté l’histoire de professeur Lau, le peintre Zhou a proposé d’aider le professeur Lau à réaliser son rêve.

P1 – Document de don

Traduction de P1 – Document de don:

En lien à l’accord de réception des œuvres d’art de Po Shin Lau.


Monsieur Po Shin Lau:
Nous avons reçu votre accord de don et le catalogue (50 gravures à l’eau-forte, 50 linographies, 50 peintures acryliques, 50 peintures à l’encre de Chine, 5 peintures à l’aquarelle, 50 peintures à l’huile, 10 ex-libris, 6 sculptures bas-reliefs et quelques sculptures en bronze métallique). Merci pour vos généreux dons envers votre ville natale. Le Musée de Yuyao est prêt à recevoir vos dons d’œuvres d’art. Grâce à vos dons, nous pourrons élargir les collections de notre musée. Pour cela, nous tenons à vous remercier, vous et votre famille.


Le Musée de Yuyao est un musée complet construit en janvier 2003. En 2010, il a été reconstruit et rouvert. Le Musée de Yuyao occupe environ 6000 pieds carrés avec plus de quarante mille objets de collection. Le musée est répertorié comme musée secondaire national. Pour bien accomplir ce don, nous ferons tous les préparatifs nécessaires. Nous sommes impatients de vous rencontrer ainsi que vos œuvres.


Publié par le Musée de Yuyao
Imprimé le 10 novembre 2019.

Après plus d’un an de travail acharné du peintre Zhou, le musée Yuyao et le professeur Lau sont parvenus à un accord en novembre de l’année dernière. Le professeur Lau a déclaré: «Au départ, je me suis arrangé pour que je retourne en Chine en juin de cette année pour participer à la cérémonie de remise. J’ai également invité quelques vieux amis de Shanghai à participer aux activités commémoratives. Il y a aussi un lot de nouvelles œuvres que je prévois d’emporter avec moi. Mais ces plans ont été impitoyablement mis de côté par l’épidémie. En regardant la situation actuelle, je ne sais pas si j’ai encore une chance de retourner à Yuyao dans ma vie…»J’ai interrompu précipitamment,« Il y aura un vaccin l’année prochaine, et le visa de retour sera libéré. Vous devez avoir une chance d’y retourner… »

Le professeur Lau a souri: « Je connais mon corps. À cause du diabète, je ne peux plus voir avec un de mes yeux. Je me suis évanoui trois fois cette année, et une fois j’ai dormi plus de 10 heures avant de me réveiller … »

À travers la vidéo, bien que le professeur Lau ait besoin de déplacer la paupière de son œil gauche avec sa main pour l’ouvrir, il sourit toujours. Il m’a dit que dès qu’il avait le vertige, il buvait immédiatement de l’eau sucrée pour y résister afin d’éviter d’aller à l’hôpital; il m’a dit que maintenant je cours contre la montre tous les jours et que je dois terminer le travail prévu avant que mon œil droit ne soit aveugle; il m’a dit que juste avant le début de l’entrevue par vidéo qu’il sciait des plaques de cuivre, et il a utilisé la technique de gravure sur plaque de cuivre pour créer une série de sceaux en format miniature qui fusionnait l’esthétique de l’Est et de l’Ouest. Monsieur Lau s’est retourné et a pris le petit bloc de cuivre nouvellement coupé et le document de conception tout en me les montrant. : « J’ai encore des rêves! Je vis un jour, je travaille un jour! »

Po Shin Lau à l’écran a un ton ferme et un grand sourire.

Po Shin Lau et ses peintures

Articles d’entretien de 2015 ci-dessous (avec suppressions et modifications) :

« Peinture chinoise, peinture à l’huile, gravure sur cuivre, Chine, France, Canada – Entretien avec l’artiste chinois québécois Po Shin Lau »

Auteure: Hu Xian (胡宪)

Écrivant sur l’entrevue de Po Shin Lau, ce titre m’a frappé tête première. Une déclaration aussi simple viole le style précédent de l’auteure. Mais après réflexion, ces 14 mots concis et clairs peuvent servir de guide et nous laisser entrevoir la vie artistique insolite de Monsieur Po Shin Lau.

Du point de vue de son parcours professionnel, Monsieur Lau a appris la peinture chinoise d’abord, puis la peinture à l’huile suivi de la gravure sur cuivre. Du point de vue de sa vie, il a jeté les bases de la peinture en Chine et a réalisé sa poursuite artistique en France, tandis qu’au Canada, il a trouvé un vaste ciel libre pour voler entre différents types de peintures.

De tout cœur vers la route de l’art.

Monsieur Po Shin Lau est né à Shanghai en 1941 et sa maison ancestrale est à Zhejiang, Yuyao. Le père Zichun Lau (楼子春), l’oncle Weichun Lau (楼炜春) et le cousin Xichun Lau (楼锡春) sont tous des personnes historiques connues. Po Shin Lau aimait peindre depuis qu’il était enfant et est entré au célèbre Studio d’Art Harding de Shanghai pour étudier la peinture occidentale quand il était adolescent. «Mais l’apprentissage n’a duré que trois mois. Quand j’ai commencé à en apprendre un peu plus sur la peinture, le gouvernement a soudainement ordonné la fermeture d’ateliers privés d’art à Shanghai. Dans de telles circonstances, j’ai trouvé deux professeurs de peinture chinoise avec lesquels j’ai étudié la peinture chinoise pendant un an et j’ai finalement appris quelques techniques de base de la peinture chinoise. » Cette fondation de la peinture chinoise apprise durant cette année a profité à Po Shin Lau à vie. Qu’il apprenne plus tard la peinture à l’huile à Hong Kong, ou se spécialise dans la gravure sur cuivre dans une école d’art française, l’influence de la peinture chinoise qu’a sur lui est évidente.

En 1962, Po Shin Lau a emmené ses jeunes frères et sœurs à Hong Kong pour retrouver ses parents. «Mon père était comptable chinois dans une entreprise d’échange commercial. Le salaire était bas et il était impossible de nourrir une famille de six personnes. Même si je n’avais pas vraiment maîtrisé les compétences en dessin, je voulais utiliser cette petite connaissance pour gagner de l’argent. Au début, j’ai dessiné des cartes pour le Nouvel An chinois. Par la suite, j’ai aidé l’ami de mon père à dessiner des films d’animation. Je travaillais plus de dix heures par jour en échange d’un petit salaire. La vie était très difficile. « 

Po Shin Lau a dit: «Afin de maintenir les connaissances en peinture que j’ai apprises à Shanghai et de pouvoir progresser sur l’aspect technique, je dois apprendre par moi-même. À cette époque, je me levais souvent à cinq heures, je mettais des outils de peinture à l’huile sur mon dos pour les transporter et rencontrais Chuong Ki Mui (梅创基), Chi Keng Leung (梁德祥) et d’autres peintres afin de profiter du petit matin pour aller dessiner à la campagne. En même temps, je copiais des peintures à l’huile classiques des pays d’Europe de l’Est. J’ai exposé ces œuvres dans la vitrine du petit studio de photographie de ma famille, et en même temps, j’ai pris des commandes de peintures à l’huile auprès de certaines entreprises d’exportation pour peindre désespérément. C’était pour, non seulement, régler les frais pour l’achat de peinture, mais aussi pour subventionner la famille. Cette situation a duré longtemps, jusqu’à ce que je quitte Hong Kong pour la première fois. « 

Il convient de mentionner qu’un an avant de quitter Hong Kong, Po Shin Lau et son ami peintre, Chuong Ki Mui (梅创基), devenu plus tard un artiste de gravure sur bois, ont organisé avec succès une «exposition de peinture à deux», que l’on peut qualifier d’être le résultat de l’apprentissage autodidacte de la peinture à l’huile par Po Shin Lau.

Paris, le palais de l’art

«Le Paris de France a toujours été un lieu qui m’a inspiré. C’était mon rêve de pouvoir aller étudier à Paris pour apprendre la peinture. Quand mes jeunes frères et sœurs pouvaient être autonomes, je sais qu’il était temps pour moi de réaliser mon rêve. Très chanceux, J’ai obtenu un important contrat de peinture. Je travaillais 16 heures par jour et gagnais plus de 8 000 dollars de Hong Kong en peu de temps. Après avoir dessiné des publicités de films, j’ai postulé pour aller à l’Alliance française pour apprendre le français, et j’ai rapidement obtenu un visa étudiant. Mon père a rassemblé les revenus des ventes antérieures de mes peintures et a déboursé une partie de mon salaire dans le studio de photographie pour me les donner. Juste après le Nouvel An chinois de 1971, j’ai pris quelques milliers de francs et j’ai quitté Hong Kong sur un vol affrété bon marché. Je suis descendu de l’avion à l’aéroport d’Heathrow au Royaume-Uni, j’ai pris l’autobus de l’aéroport pour me rendre à Londres, puis j’ai pris le traversier au port du sud pour me rendre en France et j’ai pris le train pour aller à Paris. Tous ces déplacements multiples étaient requis puisque c’était l’itinéraire le moins cher à l’époque. « 

À Paris, Po Shin Lau a vécu une aventure pénible à la fois inspirante de tous les jeunes Chinois qui n’étaient pas riches avec un visa d’apprentissage des langues: vivre dans le grenier, prendre trois repas légers, apprendre les langues le matin, travailler l’après-midi, étudier l’art le soir et faire ses devoirs le soir.

Po Shin Lau (3e à gauche) visite un atelier de fabrication de papier avec ses camarades de classe à Paris

Po Shin Lau a dit: « De nombreux quartiers de Paris ont des studios d’art gérés par le gouvernement. J’ai étudié le dessin, le croquis et la gravure sur cuivre dans l’atelier Montparnasse dans le 14e arrondissement de Paris. Il n’y a pas de frais de scolarité, mais des frais de modèle nu doivent être payés. Beaucoup d’étudiants sont des employés de bureau qui travaillent le jour et viennent étudier le soir. Parmi les camarades de classe, il y a des employés de banque, des écrivains, des cols blancs et des étudiants. Tout le monde était très sérieux. Je chéris aussi cette opportunité durement gagnée. J’adore les gravures parce que j’en avais déjà vu dans des expositions d’art des pays européens lorsque j’étais en Chine. J’aimais en particulier les illustrations exquises des romans traduits qui m’ont toujours fasciné et les gravures sur cuivre ont une longue histoire. Depuis plus de six cents ans, la gravure sur cuivre a été reconnue comme un art de renommée mondiale pour son travail élégant et solennel et ses caractéristiques qui ne se fanent jamais. Cependant, il n’y a pas beaucoup de Chinois qui connaissent vraiment la gravure sur cuivre. J’ai confiance que je peux réaliser des résultats dans ce domaine, donc apprendre la technologie de gravure sur cuivre est devenu mon objectif ultime en France. « 

Après avoir étudié à Paris pendant plus de deux ans, Po Shin Lau a amassé suffisamment d’argent pour rentrer chez lui. Malgré une réticence extrême, il savait clairement qu’il n’y avait pas moyen pour lui de rester en France sans emploi stable.

Les noms des artistes chinois sont inscrits dans l’histoire pour la première fois.

Po Shin Lau et ses étudiants

De retour à Hong Kong, Po Shin Lau a enseigné la langue chinoise et les beaux-arts dans une école française. «Au cours de mon travail, j’ai rencontré de nombreux Français travaillant à Hong Kong, le vice-consul du consulat général de France à Hong Kong, l’attaché culturel, le directeur de la compagnie aérienne de France. Je m’entendais très bien avec eux, surtout le directeur d’Air France qui m’a proposé de travailler en France. J’entretenais une très bonne relation avec ces personnes, et ce, exceptionnellement avec le directeur de la compagnie aérienne de France, qui m’a aidé à organiser une exposition nommée : « Les gravures de Lau Po Shin », le tout défrayé par la compagnie aérienne. Propulsé par sa gentillesse, en un court laps de temps de deux mois, j’ai finalement réalisé un nombre important de gravures à l’eau-forte. Cette exposition a permis au public de Hong Kong de me connaître. Le Centre d’Art de Hong Kong a donc organisé des expositions de mes œuvres au Centre culturel allemand Goethe-Institut et à la Banque d’Amérique. J’ai acquis une certaine réputation à Hong Kong. En 1976, la déesse de la chance a de nouveau pris soin de moi. Un professeur d’économie français que j’avais reçu à Hong Kong a utilisé ses connaissances pour m’aider à postuler pour une bourse du ministère des Affaires étrangères du Gouvernement français, et a entrepris les étapes pour que je puisse entrer à la Monnaie de Paris en tant que stagiaire pour étudier les techniques de gravure. Un tournant miraculeux s’est produit dans ma vie: le consulat français m’a notifié de demander un visa immédiatement, et le consul adjoint de France m’a invité à dîner chez lui. Air France m’a donné un billet pour la France et a acheté une de mes gravures sur cuivre. J’ai embarqué avec succès dans l’avion pour la France pour la deuxième fois. Et cette fois a été le début de mon véritable apprentissage.

Le directeur général de la compagnie aérienne Air France de Hong Kong ouvre une exposition de gravures sur cuivre pour Po Shin Lau

La Monnaie de Paris était située au sixième arrondissement près de la Seine. C’était une région où l’atmosphère culturelle était très forte et Po Shin Lau attache une grande importance à cette opportunité. Il ne voulait pas passer par chaque processus de fabrication de la monnaie une seule fois selon le plan administratif de la Monnaie de Paris pour les stagiaires, mais a demandé activement de se concentrer sur l’apprentissage des techniques de sculpture. «Avec l’aide du maître graveur, j’ai été autorisé à passer l’ensemble de mon temps exclusivement pour l’apprentissage des techniques de la sculpture. Afin d’améliorer mes techniques de sculpture par relief, le maître-sculpteur m’a inscrit à des cours de sculpture par relief à l’Académie Nationale des Beaux-Arts que je devais assister chaque matin. En après-midi, j’étais de retour à la Monnaie de Paris pour continuer mon apprentissage des techniques de sculpture. »

Po Shin Lau est très fier et ému d’avoir pu concevoir et graver, pendant ses deux ans et demi de stage à la Monnaie de Paris, un certain nombre de médailles commémoratives aux caractéristiques culturelles chinoises. Parmi elles, « Panda », « Le Palais de Pékin » et « Zu Chongzhi » ont été sélectionnées pour être dans la boutique d’art de la Monnaie de Paris. Dans l’histoire centenaire des médailles en Europe, le nom d’un artiste chinois est apparu pour la première fois.

Po Shin Lau rentre en Chine. La Monnaie de Paris organise une fête d’adieu pour lui.

Immigration au Canada

Lorsque je suis entré dans l’appartement de Monsieur Po Shin Lau, la première chose qui m’a attiré a été les gravures sur cuivre des deux côtés du couloir. Quand je suis entré dans l’atelier, il y avait d’anciens paysages chinois accrochés aux murs et les bas-reliefs étaient placés sur la table. Sur le chevalet, un paysage de peinture à l’huile expose le visage de la nature. C’est là que Monsieur Po Shin Lau travaille et vit tous les jours.

L’auteure a des connaissances de la peinture chinoise et la peinture à l’huile, mais en sait très peu sur la gravure sur cuivre. Le professeur Lau m’a emmené dans une autre pièce et m’a montré la machine à plaque de cuivre qu’il avait achetée du Japon à Hong Kong puis expédiée de Hong Kong au Canada, et a patiemment expliqué le processus de la fabrication de gravures sur cuivre. Ensuite, il a soigneusement tendu deux médailles méticuleuses, l’un est un panda et l’autre est le buste de Zu Chongzhi, et a parlé de son expérience avant d’immigrer au Canada.

La médaille est souvent appelée «grande médaille de bronze» en Chine, et Po Shin Lau estime que ni la «médaille» ni la «grande médaille de bronze» ne reflètent ses véritables attributs artistiques. Par conséquent, sur la base de la prononciation française de « médaille », il a donné un nom élégant : Médallion à cette dernière.

En mai 1979, Po Shin Lau a pris trois médailles d’importance historique et a pris l’avion avec joie directement de Paris à Pékin. Il allait emporter ce qu’il avait appris, ses connaissances, avec un moule en acier, un ensemble de couteaux à sculpter et des informations professionnelles apprises en France pour les présenter à son pays d’origine après 17 ans d’absence. «1979 a été le début de l’ouverture de la Chine après la révolution culturelle. Avant de me rendre à Pékin, j’ai contacté la Société de monnaie de Chine à Pékin. J’ai également apporté leur lettre d’invitation à l’ambassade de Chine pour demander un visa. Mais je suis descendu de l’avion et j’ai appelé Société de monnaie de Chine. La réponse obtenue était plutôt décevante. La personne qui devait venir m’accueillir a dû se rendre à Shanghai. Je devais donc user de mes propres moyens pour trouver un hôtel. J’ai pris un taxi pour aller à l’Hôtel Overseas Chinese, mais il n’y avait plus de chambres libres. Je n’avais aucune famille à Pékin, et je portais beaucoup de bagages. J’avais très peur et je me sentais dépourvu. Finalement, j’ai essayé d’appeler à l’ambassade française pour trouver une connaissance de France. Dès qu’il a pris connaissance de ma situation, il est venu me rejoindre en voiture à l’Hôtel Overseas Chinese. Il a alors effectué les arrangements pour que je puisse passer la nuit à son dortoir de l’ambassade française, puis m’a emmené visiter Pékin. Une semaine plus tard, j’ai appelé et contacté la Société de la monnaie de Chine. Dans les semaines suivantes, j’ai obtenu un accueil chaleureux de la Société de monnaie de Chine, elle espérait aussi que je puisse rester, mais j’étais toujours inquiète de ne pas pouvoir m’adapter, alors j’ai décidé d’entendre davantage avant de prendre une décision. « 

De retour à Hong Kong, Monsieur Lau a contacté la Monnaie de Paris et a conjointement présenté une exposition nommée « Les Médailles de France » avec le consulat de France et le Centre d’Art de Hong Kong, afin de présenter les techniques de la sculpture bas-relief de France, la gravure, le moulage et plusieurs autres techniques. Un succès instantané! Les amateurs d’art de Hong Kong en avaient plein des yeux. Les journaux, les magazines et la télévision ont tous passé en entrevue Po Shin Lau. «Selon mon plan initial, après l’exposition de Hong Kong, je voulais me rendre en Chine pour organiser d’autres expositions, mais la réponse que j’ai obtenue a été de demander à la Monnaie de Paris de payer les frais d’exposition… En conséquence, le consulat français s’est alors tourné vers Taiwan pour poursuivre les expositions. Je pense toujours que c’est très regrettable, car les objets exposés sont tous des œuvres d’art de la médaille française, et il n’est généralement pas facile de les montrer à l’étranger. Nous avons perdu une occasion rare en vain. Cet incident a finalement dissipé l’idée de retourner travailler dans mon pays d’origine. « 

Après avoir enseigné l’art à Hong Kong pendant plus de dix ans, Po Shin Lau a immigré au Québec, Canada avec sa famille en 1994. « Mon expérience dans l’organisation d’une exposition des médailles à Hong Kong a beaucoup aidé pour les demandes d’immigration », a-t-il dit. Trois mois plus tard, Monsieur Lau a acheté une maison en banlieue sur la rive sud de Montréal, la vie était très paisible, sa femme était occupée aux travaux ménagers et ses deux enfants étudiaient, et il se concentrait sur la création de gravures. En 1996 et 2001, la bibliothèque municipale de La Prairie a tenu deux fois «L’exposition de gravure sur cuivre de Po Shin Lau». Les œuvres de gravure sur cuivre de Monsieur Lau ont été sélectionnées à cinq reprises pour l’exposition annuelle du Musée des beaux-arts de Montréal.

Po Shin Lau discute de l’art

Après l’an 2000, en raison d’une bronchite, Monsieur Po Shin Lau a rompu des vaisseaux sanguins et a vomi du sang. Il a estimé que sa force physique n’était pas aussi bonne qu’avant. Après que ses deux enfants soient allés à l’université, ils ont vendu leur maison d’origine et ont emménagé dans l’immeuble actuel près de la station de métro de la rive sud. L’appartement dispose de deux salles pouvant servir de studios d’art. Les baies vitrées du sol au plafond font face au parc d’attractions au bord du fleuve Saint-Laurent, qui est plein de lumière, ouverte et lumineuse, et vous pouvez voir l’île de Montréal au loin. Le professeur Lau a créé un grand nombre de peintures à l’huile et de peintures traditionnelles chinoises ici, et sa gravure sur cuivre qu’il aime tant n’est naturellement pas oublié, surtout les jours d’été où la fenêtre peut être ouverte, il s’est toujours laissé s’adonner au monde de l’art de la gravure sur cuivre.

Peinture à l’huile : Quartier Chinois

Il a déclaré: «En 2007, j’ai fait une nouvelle tentative dans l’art de la peinture à l’huile et j’ai créé une collection d’œuvres sur le quartier chinois. En 2009, un nouveau changement a été apporté à ma technique de peinture à l’huile. J’ai commencé à utiliser un couteau à peindre au lieu d’un pinceau pour travailler. En 2015, on peut dire que c’est un grand pas en avant dans ma pensée créative. C’est le résultat que je poursuis depuis des décennies. L’image semble être abstraite, mais il semble que je puisse encore sentir le réalisme, la conception poétique d’un monde mystique. Cela peut donner au spectateur un espace à imaginer. La valeur de l’œuvre dépend de cela. « 

Peut-être est-ce parce que la saison qui permet l’ouverture des fenêtres n’est pas longue au Canada. Après tout, le processus de création des gravures sur cuivre est nocif pour le corps; peut-être est-ce à cause du charme unique du Québec qui se prête mieux à l’expression dans les peintures à l’huile. Po Shin Lau peint maintenant des peintures à l’huile la plupart du temps. Parmi ses œuvres récentes, l’auteure est la plus émue par la série thématique de la scène nocturne montréalaise: les phares des voitures impactent fortement le flou noir, les vitres des immeubles commerciaux montrent exagérément la prospérité de la journée, et les couples se tenant la main errant au printemps. Dans les rues denses, des piétons tenant des cafés traversent tranquillement l’intersection de la fin de l’automne. Cela devrait être la fin de la journée de la ville, mais vous ne pouvez pas voir la moindre fatigue. Le peintre des années anciennes rend le monde nocturne lumineux et vivant avec son esprit juvénile!

Peinture à l’huile : Scène de nuit de Montréal

On peut voir que ces œuvres sont un mélange de l’attrait esthétique de l’Asie, de l’Europe et de l’Amérique, et condensent l’essence de la peinture chinoise, de la peinture à l’huile et de la gravure sur cuivre. « Comment avez-vous créé ceci? », ai-je demandé.

Le professeur Lau a répondu: « Les gens qui aiment peindre doivent aimer les belles choses. C’est naturel. Apprendre l’art de la peinture, ce n’est pas seulement apprendre quelques compétences de bases telles que le croquis, l’esquisse, la perspective, la couleur, etc., mais aussi le plus important, il faut comprendre le vrai sens de l’art et son esprit. L’art est perceptif, et il devient un dessin ou un artisanat s’il est trop rationnel. Lors de la création, un artiste doit peindre à sa guise et s’exprimer au maximum. Il faut au moins exprimer ses pensées. La créativité artistique est très importante, mais ce n’est que dans l’ordinaire que sa puissance et ses caractéristiques peuvent être démontrées. En fait, il n’est pas nécessaire de prêter trop d’attention à quelle école ou doctrine, qu’elle soit moderne ou classique ou qu’elle soit avant-gardiste ou conservatrice. Je pense que la forme n’a pas d’importance. L’attrait d’une peinture réside dans son charme artistique. Le charme artistique semble être abstrait en théorie, mais en fait il est très simple: un tableau qui peut attirer votre regard continuellement de façon répétitive est le charme de l’art. « 

Po Shin Lau pense que bien que les arts de la peinture chinois, européens et américains soient différents dans les outils, les matériaux et les formes, leur esprit est le même. Par exemple, la gestion de la relation entre la virtualité et la réalité, comme en soulignant que l’apparence de l’esprit est plus importante que la similitude, la simplicité est meilleur que le kitsch, et la sensibilité est plus que le rationnel. Les peintures de classicisme et de réalisme en Europe et aux États-Unis sont équivalentes au gongbi des peintures chinoises, qui accordent plus d’attention au rationnel. Il est similaire aux œuvres des huit excentriques de Yangzhou sous la dynastie Qing, qui mettent l’accent sur la sensibilité. En raison du rythme rapide de la vie, les gens modernes ont tendance à aspirer à un succès rapide et à des gains rapides, et aiment créer délibérément de nouvelles idées avec des idées étranges. En fait, le moyen d’expression simple et sans prétention est basé sur le croquis, sinon il sera impossible de montrer l’image artistique et la connotation profonde. Les compétences et les idées sont donc tout aussi importantes. En réalité, certains étudiants diplômés d’académies d’art et d’écoles d’art n’ont souvent aucun problème technique, mais les œuvres ne sont pas attrayantes, car elles sont limitées par les règles de l’enseignant tandis que de nombreux artistes autodidactes ont des œuvres remarquables, parce que l’autoapprentissage ne créera pas selon la limite des autres. En fait, l’artiste a passé toute sa vie à étudier par lui-même, à accumuler de l’expérience et à exprimer ses sentiments sur la vie avec ses techniques esthétiques maîtrisées.

Il a dit: « Nous sommes plus facilement confus sur la façon de choisir les thèmes. Je pense que nous devrions trouver des choses familières dans nos vies. L’art consiste à exprimer les choses les plus ordinaires de la vie humaine dans des thèmes simples et ordinaires, tels que: le soleil, la lune, les fleurs, les arbres, les montagnes, les rochers, les rivières, les lacs et autres paysages naturels, les changements climatiques ensoleillés, pluvieux, venteux et enneigés, les joies, les peines et les peines des gens dans la vie, diverses coutumes, etc. Ce que l’artiste doit faire est de saisir les caractéristiques, d’attirer l’attention du spectateur et d’émouvoir le cœur des gens. Quel que soit le genre ou le style différent, tant que c’est une œuvre qui peut émouvoir les gens, c’est un bon art. Le soi-disant « poétique et pittoresque » signifie que la peinture doit avoir un sentiment poétique et une belle conception artistique, qui feront vibrer le cœur des gens après l’avoir vue et ne l’oublieront pas si rapidement. « 

Comme l’auteure s’y attendait, pour la série de scènes nocturnes montréalaises, Monsieur Lau a effectivement apporté son appareil photo dans le centre-ville de Montréal pour capturer le paysage. Monsieur Lau a dit que de nos jours, les peintres qui veulent se lancer dans la création rassemblent généralement les informations avec des caméras et des croquis, le plus important étant de prêter attention aux informations nécessaires à la peinture. Le peintre doit avoir les bases du dessin pour pouvoir utiliser le stylo avec souplesse et produire des coups de pinceau dynamiques, de sorte que l’image soit vigoureuse, sinon il ne pourra pas dessiner l’esprit, une compétence profonde est donc très importante. En fait, dessiner à partir de photos ne consiste pas à tracer des photos, mais à prendre des photos comme modèles, comme référence. « L’artiste a besoin d’activer et de développer ses propres idées jusqu’à l’achèvement de l’œuvre. C’est aussi un processus créatif. »

Monsieur Po Shin Lau a dit: « Si dans la vie d’une personne, il n’y a pas une détermination à faire quelque chose, elle passera rapidement. Certains œuvres que je pensais être achevé il y a quelques jours, quand j’y regarde de plus près, sont en effet créés il y a deux ans. J’ai le plus en plus le sentiment d’urgence, je ne veux pas perdre le moindre temps. »

Monsieur Po Shin Lau est très vieux et son corps n’est pas très en santé, mais sa vie artistique est à son apogée. Il a déclaré au journaliste qu’il était toujours inspiré par la peinture du matin au soir; il a souligné des rangées d’œuvres ou de produits semi-finis et a déclaré: « La seule façon de me reposer maintenant est: je suis fatigué de travailler sur les gravures alors je vais faire de la peinture chinoise pendant un moment; je suis fatigué de faire de la peinture chinoise alors faisons quelques heures de peinture à l’huile… »

Heureusement, l’état de Monsieur Lau ne ressemble pas à ce qu’il dit: «La vue se détériore et il est souvent incapable de faire ce qu’il veut.» L’auteure a le sentiment qu’il est toujours plein d’énergie et de réflexion claire, tout comme sa peinture de paysage inachevée, la brillance oblique du soleil couchant attire des attentes et des rêveries illimitées.

Réalisation de l’auteure en 2015
Éditeur: Hu Hai (胡海)